Rêve magique

Voilà un bien beau titre et une vibration magnifique en ces moments où le doute peut s’emparer de nous avec une violence aussi forte qu’inattendue. Sommes-nous nombreux dans ces brumes, soumis tantôt  à un moment au paroxysme de l’espérance, à une vision lumineuse puis le matin suivant, totalement déprimés voire physiquement malades, comme si nous n’avions jamais soulevé les voiles de l’inconscience et de l’illusion?

Je suis habituée à ces vagues de crises (que je connais bien) et je les accepte afin qu’elles remplissent leur rôle d’épuration; cependant je nourrissais le « rêve magique » que cela allait se finir bientôt et j’entretenais l’espoir que ces crises deviendraient rares voire insignifiantes ou inexistantes pour être supplantées par une forme de béatitude permanente où rien ne m’habiterait qu’un sentiment de joie profonde.  Mais quelqu’un peut-il se targuer d’être toujours calme, au sommet de la vague d’espérance et indifférent aux émotions destructrices qui le traversent? Je l’ignore,  je constate même  parmi ceux dont moi aussi j’admirais la brillance, l’égalité d’expression et d’enthousiasme, qu’ il  arrive (à ceux là même)  de verbaliser avec authenticité que cela n’est pas un état figé, la béatitude,  et qu’ils sont déçus. Tout au plus, quand nous sommes en quête de lumière, pouvons-nous avoir une capacité peu commune de nous abandonner aux crises afin de mieux les explorer ou les dépasser.

Aujourd’hui j’ai lu un article, traduit par Anne Duquesne,  de John Smallman dont je vous ai souvent recopié ou traduit les textes si stimulants et inspirants. Il s’adresse à Jésus pour témoigner de sa déception de ne rien voir venir d’aussi extraordinaire qu’il l’attendait en cette période et Jésus répond à John. J’aime trouver dans cette conversation une ressemblance avec ce dont beaucoup se font l’écho (une attente sans fin) et qui pour moi aussi devient parfois une véritable question: QUAND cela va -t-il venir? QUAND nos rêves vont-ils se réaliser? Où sont les signes? Et cependant tout est là, déjà dans des petites choses qu’il faut décoder, regarder, écouter, il est nécessaire de rester sans cesse ouverts, il est bon aussi de nous reposer, de nous centrer -sur la respiration, le calme, la confiance dans la moindre parcelle de joie.

Garder les yeux tournés vers la lumière…

Michka

© de cette image: « Messages d’éveil »  de Mario DUGUAY