Reconnaître ses erreurs et se repentir

© Oeil de Lotus conflitCe matin, je méditais sur la façon dont nous nous y prenons encore parfois pour accuser l’autre de tous nos maux, entrer en confrontation avec lui,  oubliant que l’autre est NOUS,  que nous sommes tous unis et indivisibles malgré nos apparentes différences; chacun étant miroir de la Conscience Cosmique. Ainsi en mettant l’autre en cause, nous négligeons le fait que ce n’est qu’à partir de NOUS MÊME que se créent nos situations de vie et c’est  en nous seul/e que nous pouvons agir quand quelque chose ne nous convient pas. L’enfer dans  notre vie c’est notre propre enfermement (« l’enfer me ment ») qui nous embarque dans l’illusion ambiante, dans la confusion.. Chercher la Lumière en nous est donc notre salut.

Il y a des étapes et la première est toujours la souffrance, elle se manifeste sous la forme de la peur et du manque, de la douleur morale avec le sentiment d’être séparé de l’autre, oublié ou rejeté par lui,l’idée que l’autre nous est hostile ou qu’il se met en position inaccessible, qu’il ne nous aime pas, ne nous comprend pas…. La souffrance va  même  parfois jusqu’au physique quand les malaises et la maladie s’installent, tant c’est intense -ou cela se répète depuis de nombreuses années- et que le corps en est affecté. Toutes choses dont il faut vraiment s’occuper car c’est NOUS qui nous délaissons, nous qui permettons à nos peurs de nous entraîner loin de notre essence pure, nous qui sommes responsables de nous.

Ainsi vient la reconnaissance, avec le discernement nous apprenons au fil des années et au fil des expériences à nous reconnecter à nous même, à nous pencher avec amour et douceur sur nos blessures personnelles, celles là- mêmes qui nous font projeter sur le monde et la Vie un voile noir et sombre. Ce n’est pas une étape facile de nous reconnaître, notre vanité et notre orgueil nous en empêchent et nous estimons que c’est « l’autre qui devrait changer »… ou que « L’autre aussi n’a qu’à faire des efforts » ou bien nous décrétons qu’il vaut mieux aller « voir ailleurs » s’il n’existe pas de meilleures personnes, capables de nous comprendre, de coller à nos attentes. Expériences que nous avons tous connues et qui nous font ensuite remarquer que c’est « toujours pareil » quel que soit notre interlocuteur; ou nous dire: « Il m’arrive toujours les mêmes galères »…

© Oeil de Lotus- ennuiLa reconnaissance c’est d’abord me reconnaître,  voir que si j’attire toujours les mêmes personnes situations c’est que le souci est en moi, que « le ver est dans la pomme » et donc que moi seul/e peux changer, transformer les choses.C’est le chemin d’accès au pardon de soi. Se pardonner c’est accepter que nous ayons longtemps oublié de nous occuper de nous et ne pas en faire de drame, nous ne pouvions guère faire autrement jusqu’à notre prise de conscience tant nous étions aveuglés par nos croyances et nos conditionnements.Ne nous jugeons pas comme des incapables, des pleurnicheurs, etc. La bienveillance à notre égard est de mise.

La reconnaissance de tout ce qui est en nous finit par nous  donner du discernement, de la lucidité (cette auto clairvoyance dont parlait Saul dans l’article publié hier)  et ouvre à reconnaître aussi  l’autre, avec ses propres valeurs, ses propres façons de faire et ses propres souffrances. C’est aussi le chemin d’accès au repentir. Cela exige de nous une action, de demander le pardon de l’autre. Il ne s’agit pas de nous mettre non plus en état de mésestime de nous, de nous « abaisser », un juste milieu et un sincère regret sont les garants de notre démarche. Ensuite, il faut changer de comportement, nous appliquer à ne pas reproduire les expériences qui se sont avérées douloureuses pour nous même et si souvent injustes pour l’autre. Faute de quoi toutes nos compréhensions et nos ouvertures de l’esprit resteront lettres mortes, de pures spéculations mentales, et sans passage à l’acte, sans transformation réelle et profondes de nos manières de rentrer en relation ou de considérer les autres, nous recommencerons toujours les mêmes erreurs engendrant les mêmes conséquences de désamour.

Deux maîtres spirituels – dont j’aime tout particulièrement l’enseignement – ont évoqué le chemin du repentir et de la transformation qu’il exige.

  1. Voici d’abord une citation de Mikhaël Aïvanhov au sujet de nos « fautes » (oublions la connotation qui génère en nous de la culpabilité):

Mikhaël Aïvanhov2« Il est souhaitable que chacun reconnaisse ses fautes et les regrette, mais cela ne suffit pas. Même si les remords, et les larmes qui les accompagnent parfois, contribuent à nous purifier, pour être pardonné nous devons réparer. Il est dit dans le Zohar que lorsque Dieu créa la pénitence, Il lui dit : « Chaque fois que les hommes se tourneront vers toi, tu devras effacer leurs fautes. » Mais elles ne seront réellement effacées que si, justement, nous « faisons » pénitence. La pénitence suppose l’activité et non la passivité. Quand on a compris qu’on a mal agi et ce qui a fait qu’on a mal agi, il faut chercher à réparer ses erreurs, et surtout se remettre au travail. En se lamentant, en se frappant la poitrine, on ne répare rien du tout et on devient même un fardeau pour les autres. Le salut n’est pas dans le remords, mais dans le travail »

           2.  Voici maintenant l’approche de Osho, avec la parabole intitulée  « Quand Shibli a jeté la rose » en lien avec   » Le Repentir »

OSHO« Si vous avez fait quelque chose de mal allez trouver la personne et demandez-lui humblement pardon. Elle est la seule à pouvoir vous pardonner, personne d’autre. Souvenez-vous que la signification du mot « péché » est « manque de mémoire »; aussi maintenant n’oubliez pas et ne faites plus la même chose sinon votre demande de pardon n’a pas de sens. Soyez prudent, soyez alerte, soyez conscient et ne refaites plus  la même chose. Souvenez-vous de ne plus commettre cette faute de nouveau; cela doit devenir une décision en vous, alors vous vous repentez réellement. Le repentir peut devenir un phénomène extrêmement profond en vous si vous comprenez là où est la responsabilité. Alors, même une petite chose, si elle devient repentir, pas seulement avec des mots, pas superficiellement, si elle pénètre jusqu’à vos racines et que celles-ci se repentent, si tout votre être tremble, est ébranlé et pleure, si vos larmes jaillissent, pas seulement de vos yeux mais de chaque cellule de votre corps, alors le repentir peut vous transfigurer.

© Osho le repentir carte 52Quand Shibli a jeté la rose

La première fois où l’on entendit parler de Shibli fut lors de l’assassinat d’Al Hillaj Mansoor. Nombreux sont ceux qui ont été assassinés dans le passé par des gens soi-disant religieux. Jésus a été assassiné; mais il n’y eut jamais un meurtre aussi horrible que celui d’Al Hillaj. On lui a d’abord sectionné les jambes, puis ses mains; il était vivant ! Sa langue fut ensuite coupée, on lui arracha les yeux; il était vivant ! Il fut découpé en morceaux.

Et quel crime avait commis Mansoor ? Il avait dit « An’al Hak » ce qui signifie « Je suis la vérité, je suis Dieu ». Tous les sages des Upanishads le déclarent: A ham Brahmasmi « je suis Brahma, le Soi Ultime » mais les mahométans ne pouvaient pas tolérer cela.

Mansoor est un des plus grands soufis. Lorsqu’ils commencèrent à lui couper les mains il leva les yeux au ciel et pria Dieu en disant: « Tu ne peux pas me tromper ! Je peux te reconnaître en chacun de ceux qui se trouvent ici. Tu essayes de me tromper, tu viens comme un meurtrier, comme un ennemi mais sous quelque forme que tu sois je te reconnaîtrai parce que je t’ai reconnu en moi-même. Il n’y a aucune possibilité que tu puisses me tromper ».

Shibli était un compagnon, un ami d’Al-Hillaj Mansoor. Les gens jetaient des pierres et de la boue pour ridiculiser Mansoor. Shibli était là debout parmi la foule, Mansoor souriait et soudain, parce que Shibli lui avait jeté une rose, il se mit à pleurer et à gémir. Quelqu’un lui demanda: « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ris lorsqu’on te jette des pierres, es-tu devenu fou ? Shibli t’a juste lancé une rose, pourquoi pleures-tu et gémis-tu ? »

Mansoor répondit: « Ceux qui me jettent des pierres ne savent pas ce qu’ils font, mais Shibli, lui doit le savoir. Pour lui ce sera difficile de recevoir le pardon de Dieu. Les autres seront pardonnés car ils agissent dans l’ignorance, ils n’y peuvent rien. Dans leur aveuglement, c’est tout ce qu’ils peuvent faire. Mais Shibli… un homme qui connaît ! C’est pour cela que je pleure et me désole pour lui. C’est le seul ici qui commette un péché ».

Ces paroles de Mansoor transformèrent totalement Shibli; il jeta le Coran et les écritures et dit: « Ils n’ont même pas pu me faire comprendre cela; que tout savoir est inutile. Maintenant je chercherai le vrai savoir ». Et plus tard lorsqu’on lui demanda: « Pourquoi as-tu jeté une fleur ? » Shibli répondit: « J’avais peur de la foule, si je ne jetais rien l’on pouvait penser que j’étais un disciple de Mansoor, leur violence pouvait se retourner contre moi. J’ai jeté la fleur, c’était juste un compromis. Mansoor avait raison, il pleura devant ma peur et ma lâcheté. Il pleura parce que je me compromettais avec la foule ». Mais Shibli comprit, les pleurs de Mansoor devinrent pour lui une transformation. »

© Oeil de Lotus amitié  Ce qui est bienvenu c’est faire la paix grâce au travail de tri et lucidité en nous même puis avec l’autre et maintenir avec vigilance nos nouveaux engagements personnels. La constance, la patience, la  persévérance, la détermination sont des qualités qui nous seront utiles. Mais surtout utilisons la reconnexion à l’amour, à nos guides, à notre Essence, notre Source et agissons de concert avec les lois divines qui ne sont que bienveillance et compassion. Seul l’ego apeuré et blessé engendre l’oubli de l’Amour. Donnons lui aussi l’attention qu’il nous réclame,  prenons soin de nous et des êtres que nous aimons.

Les images illustrant cet article sont issues de deux jeux de cartes que j’utilise couramment et dont je trouve les illustrations colorées et attrayantes. Il s’agit

  • pour la majorité des images, des cartes tirées du Jeu  L’œil de Lotus, jeu divinatoire qui sert surtout à dévoiler les rouages cachés des expériences au  quotidien et dont l’auteur a rassemblé dans le livre du même nom L’œil de Lotus des pistes d’interprétation:

  • soit pour la carte « Le repentir »,  d’une carte  tirée du « Tarot de la Transformation d’OSHO« , jeu qui permet de méditer et d’améliorer la conscience de soi.

Belle journée à tous et à très bientôt! Michka